À quoi sert l’intervention et pour qui
La prostatectomie totale vise à retirer l’ensemble de la prostate lorsque le cancer est localisé, ou dans certaines situations localement avancées. Elle est une des options possibles, aux côtés de la surveillance active, de la radiothérapie ou de la curiethérapie. Le choix dépend des caractéristiques de la tumeur, de votre état de santé et de vos préférences ; il est discuté en RCP puis avec vous.
Les grandes étapes
- Installation sous anesthésie générale, table inclinée tête en bas.
- Mise en place des trocarts et connexion du robot (docking).
- Libération de la prostate et des vésicules séminales ; préservation des bandelettes nerveuses de l’érection lorsque la situation du cancer le permet.
- Selon le risque, retrait de ganglions lymphatiques du bassin (curage).
- Section de l’urètre puis suture de la vessie à l’urètre sur une sonde urinaire.
- Extraction de la prostate dans un sac par l’une des incisions, agrandie si besoin.
Ce qui est retiré, ce qui est conservé ou reconstruit
Sont retirés : la prostate, les vésicules séminales et, selon les cas, des ganglions. Sont conservés : la vessie, le sphincter de l’urètre qui assure la continence et, lorsque c’est possible, les nerfs de l’érection. La continuité urinaire est reconstruite par la suture entre la vessie et l’urètre.
L’anesthésie
L’intervention se déroule sous anesthésie générale. Vous rencontrez l’anesthésiste en consultation avant l’intervention. Pendant l’opération, la table est inclinée et l’abdomen est gonflé avec du gaz carbonique pour créer un espace de travail ; ces conditions sont surveillées en permanence par l’équipe d’anesthésie.
Les suites
- Vous vous levez et reprenez la marche rapidement, avec l’aide de l’équipe soignante.
- Une sonde urinaire est laissée en place le temps de la cicatrisation de la suture ; l’équipe vous indique quand elle sera retirée.
- Les cicatrices sont petites ; les fils ou agrafes sont retirés ou se résorbent selon le type utilisé.
- Les activités sont reprises progressivement ; les efforts importants sont évités pendant les premières semaines selon les conseils de votre chirurgien.
- Le dosage du PSA permet ensuite de suivre le résultat.
Les conséquences fonctionnelles possibles
- Continence : des fuites urinaires sont fréquentes après le retrait de la sonde ; elles s’améliorent le plus souvent progressivement. La rééducation du périnée avec un kinésithérapeute aide à récupérer.
- Érection : des troubles de l’érection sont possibles, même lorsque les nerfs sont préservés. Des traitements et une rééducation sexuelle peuvent être proposés.
- Éjaculation et fertilité : après l’intervention, il n’y a systématiquement plus d’éjaculation, en raison du retrait des vésicules séminales avec la prostate : la sensation d’orgasme est en général conservée, mais sans émission de sperme (orgasme avec anéjaculation), et la conception naturelle n’est plus possible. Une fuite d’urine lors de l’orgasme est possible. Une conservation de sperme peut être discutée avant l’intervention.
- Un raccourcissement apparent de la verge est possible.
- Des soins de support sont proposés selon vos besoins : rééducation, kinésithérapie, stomathérapie, consultation de sexologie et accompagnement psychologique.
Les risques et complications possibles
Comme toute chirurgie : saignement, infection, phlébite, complications liées à l’anesthésie. Plus spécifiquement : fuite au niveau de la suture vésico-urétrale, collection de lymphe après curage, rétrécissement de la suture (sténose), rétention urinaire après retrait de la sonde, hernie sur cicatrice, lésion d’un organe voisin (rectum, uretère, vaisseaux) ou conversion en chirurgie ouverte. Votre chirurgien vous détaille ces risques en consultation.
Après l’intervention : l’analyse de la pièce opératoire
L’analyse en laboratoire précise l’extension de la maladie et la qualité de l’exérèse, notamment les marges. Selon les résultats, une surveillance rapprochée, une radiothérapie ou une hormonothérapie peuvent être proposées, après discussion en RCP.
Questions fréquentes
Le robot opère-t-il seul ?
Non. Le chirurgien contrôle chaque mouvement depuis la console. Le robot ne réalise aucun geste de façon autonome.
Vais-je être incontinent ?
Des fuites sont fréquentes au début et diminuent le plus souvent avec le temps et la rééducation. L’évolution varie d’une personne à l’autre.
Les nerfs de l’érection seront-ils préservés ?
Cela dépend de la localisation et de l’extension du cancer. La priorité reste le contrôle de la maladie ; votre chirurgien en discute avec vous avant l’intervention.
Combien de temps garderai-je la sonde ?
L’équipe vous indique le moment de son retrait, qui dépend de la cicatrisation de la suture.
Aurai-je besoin d’un autre traitement ?
Selon l’analyse de la prostate et l’évolution du PSA, une surveillance simple ou un traitement complémentaire peut être discuté en RCP.
Quand puis-je reprendre le sport ?
La reprise est progressive. Votre chirurgien vous conseille selon votre récupération.
Cette page est une information générale. La technique proposée est décidée avec vous après la RCP et peut différer selon votre situation.


